Quelques gestes simples peuvent sauver une vie

Parce que chacun de nous est concerné, chacun de nous doit se mobiliser
Quelques gestes simples peuvent sauver une vie

Parce que chacun de nous est concerné, chacun de nous doit se mobiliser
Femme politique célèbre pour son franc-parler, Roseline Bachelot n’hésite pas à aborder les sujets qui fâchent : la santé, la bêtise des pauvres, les paroles des chansons de Johnny. Interview vérité au sujet de la grippe H1N1
Blogueur Influent : Bonjour madame la ministre
Roselyne Bachelet : Bonjour
B.I.. : Tout d’abord j’aurais voulu en savoir plus sur les vaccins que vous avez acheté au nom de la France contre la grippe H1N1
R.B.: [rires] Ah oui, ça, j’en ai acheté
B.I. : 93 millions de doses ! C’est une quantité énorme ! Et pour un milliard d’euros
R.B. : ça fait dix euros du bout, c’est une bonne affaire, j’ai eu une remise vu la quantité
B.I. : Beaucoup se sont étonnés de cette quantité, justement…
R.B. : [rires]
B.I. : …car les français ne sont pas si nombreux, ça fait 1,5 doses par personnes
R.B. : [rires] Oui, c’est vrai, je dois bien l’admettre. En fait c’est un malentendu. Mon médecin m’a dit qu’il suffirait de vacciner la moitié de la population pour que le virus ne puisse plus se diffuser : une fois sur deux, il tombe sur quelqu’un de vacciné, donc il meurt.
B.I. : C’est très astucieux
R.B. : oui, ça crée une barrière infranchissable, une espèce de ligne Maginot. En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées. Vous savez que c’est nous les inventeurs de la ligne Maginot ? Guaino m’a dit… Ou Hortefeux… Je sais plus… Je sais plus ce qu’il m’a dit tiens.
B.I. : Bon, donc il faut vacciner la moitié de la population…
R.B. : Exactement ! C’est une idée de génie, un coup de poker, le pari de Pascal
B.I. : Mais la moitié de la population ça fait seulement 32 millions de personnes. Il aurait fallu commander 32 millions de vaccins non ?
R.B. : C’est ce que j’ai fait
B.I. : !?!?
R.B. : [rires]
B.I. : Je ne comprends pas
R.B. : disons qu’il y a eu un tout petit malentendu. Je voulais faire travailler trois laboratoires différents, Sanofi, GSK et Novartis, et chacun a compris ce qui l’arrangeait
B.I. : C’est à dire ?
R.B. : Ils ont tous compris que je leur commandais le vaccin pour la moitié des français. En plus il y a eu un bin’s avec l’appel d’offres : j’ai contacté trois boites dans l’idée que le marché irait chez nous [ndlr: Sanofi-Pasteur] mais ça a été compris comme une commande ferme, apparemment c’est possible avec les urgences sanitaires, je le savais pas moi !
B.I. : Ça fait trois moitiés !
R.B. : 95 000 000 de doses quoi [rires] Bon j’ai eu une petite ristourne hein, j’ai gagné un euro la dose en moyenne, vu la quantité.
B.I. : Ça fait quand même un milliard d’euros ! Sur nos impôts ! Vous vous êtes fait rouler dans la farine !
R.B. : rhoh tout de suite, les impôts les impôts… Faut se détendre, on a passé des lois quand même, non ? On peut dire que ça s’arrange les impôts. Moi en tout cas j’ai jamais si peu payé. Comme quoi ça marche le bouclier, là.
B.I. : Je peux pas… je peux pas publier un truc pareil
R.B. : comment ça « publier » ? Vous n’êtes pas manucure ? [rires]
B.I. : Ben, non, je suis journaliste. Pour Femme de demain ! Peux pas publier ça dans mon canard ! C’est un magazine à la con, on n’a pas les épaules pour un scoop, en plus ça fait fuir les lectrices de parler vraiment politique
R.B. : vous ne pouviez pas le dire plus tôt que vous étiez journaliste ?
B.I. : Mais il me semblait que c’était clair…
R.B. : vous m’avez piégée là !
B.I. : Mais pas du tout… Enfin je comprends votre geste, là, avec les doigts, si vous pensiez que j’étais manucure
R.B. : je sais pourquoi vous n’étiez pas rapide à vous mettre au boulot [rires]. Bon, vous avez raison, il vaut mieux ne pas publier l’histoire des vaccins, les gens vont croire qu’on se fout de leur gueule avec l’argent public. Pourtant y’a bien pire.
B.I. : Par exemple ?
R.B. : Vous avez vu le concert de Johnny pour le 14 juillet ? C’est l’argent public ça aussi. Le mec a doublé son cachet pour chanter sous la tour Eiffel. Pourtant ça lui fait de la pub.
RI : Et lui il ne veut pas payer d’impôts
R.B. : Exactement. Et il a chanté une heure de moins que pendant les concerts. On n’entendait rien en plus, il y avait un problème de micro ou alors il avait picolé, il aurait pu chanter «tu les verras plus les poils de mon cul j’en ai fait des brosses» que personne l’aurait remarqué [elle se met à chanter la chanson entière]
B.I. : Ça ferait un tabac [rires] ! C’est un peu grossier, je ne connaissais pas les paroles entières !
R.B. : Oh ça va hein
B.I. : Bon, revenons à la grippe. Certains scientifiques prétendent qu’en vaccinant la moitié de la population on ne fera qu’accélérer les mutations du virus
R.B. : Écoutez, on va pas se mentir, ce vaccin ne sert pas à grand chose : la grippe en question est assez virulente mais elle est bénigne
B.I. : Il y a eu des morts non ?
R.B. : chaque année il y a des gens qui meurent de la grippe, le vaccin ne l’empêchera pas. Il n’est pas efficace et le Tamiflu non plus. On peut mourir d’une gastro vous savez.
B.I. : Mais si le virus mute ? Dans le Parisien ils disent que le virus peut muter
R.B. : Haha, oui, bien sûr, mais comme vous l’expliquerait n’importe quel épidémiologiste, si le virus mute, alors le vaccin deviendra complètement inutile.
B.I. : Mais vous avez annoncé que vous vaccinerez en priorité le personnel médical et les personnalités politiques, les gens qui comptent ?… Si ça ne sert à rien, pourquoi ?
R.B. : Eh bien pour que les gens y croient, évidemment ! Si on dit aux gens «Allez les pouilleux, on se vaccine», ils tirent la tronche. Si on dit «On va commencer par les gens importants», ils en veulent tous ! C’est le B.A.BA. [elle chante gimme gimme gimme, du groupe Abba]. Bon, pour le moment, ça ne mord pas trop, le public est sceptique, les gens font les fiers. Mais on attaque un vrai battage médiatique pour septembre, faites-moi confiance, ça va marcher, ça finit toujours par marcher.
B.I.: Mais alors pourquoi ?…
R.B. : C’est la crise ! Il faut bien subventionner l’industrie pharmaceutique. Ils tirent le diable par la queue vous savez ! Les pauvres se tournent vers les médicaments génériques, les Que Choisir? et compagnie font des procès et les médicaments sont interdits à tour de bras, les brevets tombent dans le domaine public… C’est pas facile d’être un gros labo de nos jours.
B.I. : Les médicaments dangereux sont interdits… Normal non ?
R.B. : Oui oh dangereux… Excusez-moi mais y’a dangereux et dangereux. Entre se bourrer de Di-antalvic et avoir un pit-bull à la maison qu’est-ce qui est le plus dangereux à votre avis ? Vous savez, les pauvres sont bêtes, sales, méchants, franchement on ne peut rien pour eux alors si ils peuvent rapporter un peu de pognon à l’industrie nationale je ne vois pas qui ça gène.
Bon le Di-antalvic c’est pas un bon exemple : il est surtout retiré du commerce parce que la molécule vient de tomber dans le domaine public.
B.I. : Je comprends le raisonnement. Mais si les pauvres sont… ce que vous dites… On ne peut pas les éduquer, améliorer leur condition ?…
R.B. : C’est pas votre journal qui a sorti une enquête «pour ou contre l’excision, répondez et gagnez un coupe-ongles» ?
B.I. : Ah si, si, on a été un peu déçu du retour d’ailleurs, c’était pas une bonne opé
R.B. : Alors vous voyez : vous tentez d’éduquer les gens, de les tirer vers des sujets politiques mais au fond ça les fait chier [elle prend un air grave]… Les gauchistes et compagnie ils font beaucoup de mal aux gens avec tout ça… Ils donnent des rêves aux pauvres, aux sans papiers, ils leur disent : «Demain sera meilleur», mais la vérité c’est que les gens veulent pas, ils veulent s’assommer de cachets, ne pas se laver, râler quand on les oblige à bosser le dimanche et râler quand les magasins sont fermés le dimanche. C’est le french paradox.
B.I. : Ah oui, je vois. Bon, je le publie mon article ? C’est le numéro d’été
R.B. : Spécial sexe ? Publiez, publiez, personne ne le lira, c’est l’essentiel
B.I. : Je vous remercie madame la ministre
R.B. : C’est moi qui vous remercie
(Interview réalisée chez Gildoigt-manucure, un beau jour de juillet. Les photographies, prises n’importe où sur Internet, représentent une autre personne qui s’appelle aussi Roselyne Bachelot)
Note : Pour en savoir plus, on peut se reporter à cet article qui nous en apprend de pires.
Profiter des baisses de tarifs pour prendre ses vacances au Mexique, c’était bien.
Gagner un porcelet dans une foire, super.

Par contre le ramener en France c’était pas très malin.
Franchement.